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Nous dépensons chaque année de 70 à 120 milliards d’euros pour acheter du pétrole, des carburants et du gaz à l’étranger. Notre économie tremble à chaque conflit impliquant un poids lourd des hydrocarbures. Plutôt que de renforcer notre souveraineté en finançant massivement notre sevrage des énergies fossiles, nos impôts sont gaspillés dans des aides et ristournes sur l’achat de carburants importés.
Plus surprenant encore, de grands partis politiques exhortent l’Etat à ouvrir toujours plus les vannes d’argent public pour subventionner notre dépendance. Pas un ne propose d’orienter les dépenses publiques vers des solutions qui nous insensibiliseraient aux soubresauts du baril de Brent. En 2022, la France a dilapidé 7,5 milliards d’euros dans des ristournes sur l’essence et le diesel et 230 millions pour une aide dédiée aux foyers chauffés au fioul. Entre 2021 et 2023, elle a gaspillé près de 5 milliards d’euros pour son bouclier tarifaire sur le gaz. Chaque année, l’Etat distribue des chèques énergie qui ne financent pas seulement l’électricité, mais aussi l’achat de gaz, GPL et fioul, pour un budget de 600 millions d’euros en 2026. Comment aurions-nous pu dépenser intelligemment cet argent ?
Avec les 7,5 milliards du coup de pouce carburant, l’Etat aurait pu signer un chèque de 25 000 euros à 300 000 personnes tirées au sort parmi les plus précaires et les plus gros rouleurs pour qu’elles remplacent leur voiture essence ou diesel par un modèle électrique. 300 000 voitures électriques, c’est 4,5 milliards de litres d’essence qui ne sont pas consommés sur 10 ans (pour 25 000 km parcours annuellement) et presque autant d’euros qui ne sont pas envoyés à l’étranger.
Avec les 5 milliards alloués au bouclier tarifaire sur le gaz, l’Etat aurait pu offrir le remplacement de 500 000 chaudières au gaz par une pompe à chaleur. Et 500 000 pompes à chaleur, c’est 5 milliards de mètres cubes de gaz qui ne sont pas achetés à l’étranger sur une décennie (pour une consommation moyenne annuelle de 1000 m3 par foyer).
Avec les 230 millions d’euros perdus pour le chèque fioul, nous aurions pu donner 5000 euros à 46 000 foyers modestes équipés d’une chaudière au fioul pour qu’ils changent de mode de chauffage. Une aide qui s’ajouterait à la prime existante déjà généreuse accordée aux foyers qui font cette démarche. Sur dix ans, c’est un milliard de litres de fioul qui auraient pu être économisés.
Subventionner un plein d’essence, une facture de gaz ou de fioul soulage un peu son consommateur à très court terme. Lui offrir une voiture électrique ou une pompe à chaleur, c’est l’assurer de consommer une énergie produite en France, à coût maîtrisable pendant des décennies, sans dépendre de la géopolitique.
Hugo, rédacteur en chef de révolution énergétique
